BOMHAT : l’Entretien ( Fevrier 2026 )
2026 commence bien pour l’équipe de mangacast qui a eu la chance de pouvoir s’entretenir avec Bomhat, mangaka pour la kodansha qui a publié dans les page du Afternoon son 1er manga : Kingdom of Quartz !
Nous avons pu échanger pendant de longues minutes sur son parcourt, ses aspirations, les thématiques que l’on peut trouver dans son oeuvre ainsi que sur le futur de sa carrière !
interprétariat : Mr Luca McCall
Interviewer : Thundergeek
Transcription : Emrys & Thundergeek
Transcription de l’interview
Comment vous est venue l’idée de Kingdom of Quartz ?
BOMHAT: En 2019, j’ai effectué un petit voyage en Europe. La première fois que j’ai mis les pieds dans une basilique, j’ai été fasciné par l’architecture, les fresques etc. C’était une expérience quasiment transcendantale pour moi, tant il y avait de beauté. Et je me suis dit que j’avais envie d’émuler cette beauté dans le médium du manga.
Votre série à été publiée dans le magazine Afternoon des éditions Kodansha (Blame, Journey Beyond Heaven, Vinland Saga…) . Pouvez-vous nous raconter les événements qui vous ont conduit à être publié dans un magazine aussi prestigieux ?
BOMHAT : Je suis habitué à voyager un peu partout dans le monde pour participer à des conventions en tant qu’artiste. Mais en 2020, avec la pandémie et la fermeture de toutes les frontières, je me suis retrouvé bloqué chez moi. Je me suis dit que quitte à être coincé sans pouvoir faire grand-chose, j’allais me lancer dans le manga. J’ai donc dessiné plusieurs petites histoires que j’ai mises en ligne.
Puis un jour, j’ai été contacté par une personne qui s’est avérée être un éditeur du Afternoon. Elle m’a parlé d’un concours de manga que le magazine organise chaque trimestre. J’ai donc préparé un one-shot à présenter au concours et juste après, j’ai été contacté par une autre éditrice du Afternoon, qui est ma responsable éditoriale actuelle. C’est une personne charmante et je lui suis profondément reconnaissant de ce qu’on accomplit ensemble. En tout cas, c’est à partir de là que j’ai commencé le travail en vue de la publication de Kingdom of Quartz.
Votre style peut se rapprocher de mangas comme L’ère des cristaux ou L’atelier des Sorciers. Quelles sont les œuvres ou artistes qui vous ont inspirés ?
BOMHAT : Les deux titres que vous mentionnez sont des œuvres très connues et acclamées par le public et la critique. Du coup, merci d’y voir un lien avec mon travail, je suppose que c’est une bonne chose ! (rires)
Je puise principalement mon inspiration de l’art classique, que ce soit, comme mentionné plus tôt, dans les bâtiments religieux ou dans le style d’artistes tels que Michel-Ange ou Giovanni Bellini. Mais j’aime également beaucoup les œuvres classiques du shōjo manga telles que celles de Keiko Takemiya et Moto Hagio, Le Cœur de Thomas étant mon œuvre favorite de cette dernière.
Avez-vous, comme c’est souvent le cas dans la publication de manga au Japon, un éditeur qui vous aide à la construction de votre histoire, et des assistants ?
BOMHAT: Oui j’ai une responsable éditoriale. Je pense que les éditeurs en général aident les artistes à faire des recherches sur les sujets qu’ils veulent mettre en scène et de ce fait, ils aident également à structurer leurs histoires. Ils permettent aussi de faire comprendre à l’auteur quelles sont les attentes du public, qu’est-ce qui peut rendre l’histoire plus prenante, etc. En ce sens, mon éditrice m’aide beaucoup.
Quant aux assistants, j’en ai également mais c’est bien plus informel et en distanciel. J’essaie de produire tout mon manga par moi-même mais, quand je ne peux pas, ils viennent à la rescousse. En vérité, ce sont principalement des amis à qui je demande un coup de main sur des tâches spécifiques, comme mettre les textes dans les bulles.
Vous dessinez les Celes comme les représentations des 2 premiers rangs de la hiérarchie du ciel, mais les démons semblent inspirés de ceux du dernier rang comme les Chérubins ou les Séraphins. Avez-vous effectué des recherches pour nourrir votre scénario, ou est-ce juste un intérêt graphique qui vous a mené à ce choix ?

BOMHAT : Malheureusement, je n’ai pas fait de recherches très poussées sur le sujet. J’ai en effet repris les visuels des anges tels qu’ils sont dépeints dans la hiérarchie du ciel. Je pense que, en définitive, la raison qui m’a conduit à emprunter ces représentations pour les deux espèces dans mon manga était de brouiller les frontières entre les anges et les démons. Mais je vous avoue que c’était avant tout et principalement un choix purement esthétique.
Il y a une référence directe dans le premier volume au traité d’alchimie. Le but ultime des alchimistes était d’utiliser leur art pour élever l’âme humaine. Là encore, avez vous fait des recherches pour nourrir votre scénario ?
BOMHAT : Vous avez raison, il y a un lien entre mon histoire et l’alchimie. Comme vous le savez sûrement, l’alchimie est une forme de science primitive qui est très liée à la religion. Il y avait dans l’alchimie l’idée par exemple que tout dans l’univers était formé à partir des quatre éléments. Il y avait aussi l’idée que ces éléments venaient d’une seule et unique substance ou entité qu’on a par la suite appelée Dieu. Je me suis donc appuyé sur ces principes et mécaniques pour créer les bases de mon histoire.
(en rebondissant sur sa réponse) Il est vrai que quand on parle d’alchimie, les gens pensent principalement à la pierre philosophale, qui transforme le plomb en or. Mais ce que peu de gens savent c’est que pour les alchimistes, comme vous le mentionnez, tout n’est composé que d’une matière qui évolue dans le temps. Le plomb étant en alchimie la matière la moins noble et l’or la plus pure, le but de la pierre est d’accélérer le processus pour l’appliquer à l’âme humaine et permettre aux Hommes de se rapprocher de Dieu.
C’est pourquoi il est surprenant de voir que la première partie de votre histoire se nomme Nigredo, c’est-à-dire la première étape du traité d’alchimie !
BOMHAT : Effectivement ! En fait, ces titres sont en lien avec ce qu’il se passe dans l’histoire et ils sont surtout liés aux diverses évolutions du personnage de Blue. C’est très bien vu de votre part, merci à vous de l’avoir relevé ! Je ne pense pas que quelqu’un d’autre l’ai fait auparavant. (rires)
Mais au-delà du personnage, la chose la plus importante ici c’est le monde, et au centre de ce monde il y a le cristal que j’appelle dans le récit « la substance ultime » : c’est le Dieu de ces personnages. Donc effectivement, ils ne tentent pas de créer quelque chose de physique comme de l’or, ils essaient plutôt de trouver le moyen de s’élever et de se rapprocher de Dieu.
Que retenez-vous de votre publication professionnelle au Japon ? Comptez-vous continuer l’aventure de la publication ou aimeriez vous partir dans d’autres directions ?
BOMHAT : Bien entendu, j’aimerais continuer à être publié au Japon. C’est le pays qui a la plus grande industrie de publication de manga et j’adore les mangas ! Mais vous savez, je suis une personne qui travaille énormément et je suis ouvert à d’autres propositions, dont le multimédia ! J’ai envie d’illustrer le plus de projets possible, donc je vais continuer à créer pas mal de choses et j’aimerais les faire au Japon ! En tout cas, Kingdom of Quartz est une grande expérience qui m’a beaucoup appris !
Vu que vous parlez d’illustration, une chose qui marque en lisant votre manga, en plus de votre mise en cases, c’est votre travail d’iconographie. Est-ce que pour vous, de ce fait, il est plus facile de faire du manga ou de l’illustration ?
BOMHAT : Le manga est bien plus facile pour moi. Déjà car je n’ai pas à penser à la mise en couleur. Et les pages sont “statiques”, elles ont toujours le même format et je suis libre de créer ce que je veux dans cette surface donnée. Pour l’illustration en revanche, si vous regardez les artistes professionnels, on est beaucoup plus libre dans les formats que l’on choisit, il n’y a pas de limite de cadre. J’ai plus de mal avec ça et c’est une partie de mon travail que j’aimerais vraiment améliorer dans le futur !
(en rebondissant sur sa réponse) Si on se permet de vous poser cette question, c’est que pour beaucoup de gens, si on peut dessiner, alors on peut faire du manga. Pourtant le manga et l’illustration reposent sur des talents assez différents et certains artistes qui dessinent particulièrement bien font des mangas assez pauvres en termes de narration visuelle et inversement.
BOMHAT : Effectivement, je suis plutôt d’accord avec vous. Si on part de cette vision, alors je suis plutôt le type illustrateur. Je veux devenir meilleur pour raconter des histoires. Parfois, je me concentre plus sur le fait que le dessin doit être “beau” que sur ce qu’il doit exprimer en termes de mouvement. Je pense que les mangaka dont vous parlez, qui n’ont pas le dessin le plus parfait mais qui créent des œuvres claires et lisibles, priorisent le mouvement et la fluidité au trait.
Mais je pense aussi que pas mal d’illustrateurs ont un souci, c’est qu’ils ne “dessinent” pas bien : ils font en sorte que leurs travaux “rendent” bien. Et ça, ça n’est pas possible avec le manga.
Avez vous un message pour vos futurs lecteur.ices français.ses ?
BOMHAT : Merci à vous pour l’intérêt que vous portez à mon œuvre, j’espère qu’elle va vous intéresser et que la suite vous plaira !
Merci beaucoup pour cette entrevue
Remerciement à Bomhat, aux équipes éditoriales de la Kodansha, de toute l’équipe des éditions Pika et à Mr Luca McCall pour l’interprétariat.
Mangacast Omake n°141 – Mars 2026
Dans ce Mangacast Omake n°141 du mois de mars 2026, l’équipe se réunie pour débattre à bâtons rompus de plusieurs nouveautés à paraitre ce mois ci !
Voici les titres chroniqués en ce mois de mars 2026 par les membres présents : Blade & Bastard, Shinobi Undercover, Agents of the Four Seasons, Le Murmure des herbes sauvages, The Hitman’s Fave, L’Héritière du Dragon, Rai Rai Rai, ODDTAXI, Quatre filles et une coloc, Unsung Hero, Mechanical Buddy Universe & Love Bullet!
Ce mois-ci, on vous parle aussi d’un Light Novel dont l’adaptation en manga est aussi traitée dans l’émission : Agents of the Four Seasons!
De plus, l’équipe vous propose ce mois-ci de découvrir le dernier anime en date d’une franchise bien connue : Fate/Strange Fake!
Une émission de 4h53 pour vous faire partager nos lectures du moment ainsi que nos coups de cœur et autres réactions à l’actualité !
Mangacast Omake n°141 – Mars 2026 est présenté par Thundergeek, Blackjack, Midine, Oshino, Emrys et Akiro.
Podcast: Play in new window | Download (Duration: 4:53:39 — 405.4MB)
Mangacast n°96 – Shōtarō Ishinomori, Le Roi du Manga !
Si, en France, nous connaissons maintenant bien la personne d’Osamu Tezuka, son œuvre et son impact dans le monde du manga, nous sommes en revanche moins familiers avec le nom de Shōtarō Ishinomori. Il est pourtant une figure tout aussi importante que Tezuka, au point que, si ce dernier est considéré comme « Le Dieu du manga », Ishinomori en est « Le Roi » !
Artiste protéiforme, qui n’a eu de cesse de se réinventer tout au long de ses 45 ans de carrière, Ishinomori a donné naissance à des œuvres aussi importantes que Cyborg 009, Kamen Rider, Kikaider, etc.
Avec l’aide de Claude Leblanc, journaliste et auteur entre autres du livre Shôtarô Ishinomori – Il était une fois le Roi du manga (Éditions IMHO), l’équipe de Mangacast vous propose un nouveau dossier pour revenir sur la vie et l’œuvre de l’un des plus grands artistes de bandes dessinées au monde.
Comment un jeune garçon de la campagne japonaise a-t-il su taper dans l’œil de Tezuka et des éditeurs de l’époque ? En quoi son arrivée dans le shōjo manga (manga pour jeunes filles) a-t-elle eu un impact considérable sur une génération d’autrices ? De quelle manière a-t-il réussi à faire évoluer la formule des projets multimédias ? Comment son arrivée dans le monde du Tokusatsu a-t-elle rabattu les cartes ?
Avec cette émission et le livre de M. Leblanc, l’univers et la vie de celui qui fut le roi du manga n’auront plus de secrets pour vous !
Mangacast n°96 – Shōtarō Ishinomori, Le Roi du Manga ! est présenté par Thundergeek & Akiro avec la participation de M. Claude Leblanc !
Podcast: Play in new window | Download (Duration: 2:38:54 — 218.5MB)
Gekikô Kamen – Mangacast Mini Omake n°162
Bienvenue dans ce Mangacast Mini Omake n°162.
Aujourd’hui, on vous parle d’un titre des éditions Meian: Gekikô Kamen !
Mangacast Mini Omake n°162 est présenté par Thundergeek, Muta, Midine, Blackjack et Akiro.
Podcast: Play in new window | Download (Duration: 23:18 — 33.9MB)
Hana ne peut pas vivre sans moi – Mangacast Mini Omake n°161
Bienvenue dans ce Mangacast Mini Omake n°161.
Aujourd’hui, on vous parle d’un titre des éditions Vega: Hana ne peut pas vivre sans moi !
Mangacast Mini Omake n°161 est présenté par Thundergeek, Muta, Midine, Blackjack et Akiro.
Podcast: Play in new window | Download (Duration: 23:50 — 34.5MB)
Requiem – Chevalier Vampire – Mangacast Mini Omake n°160
Bienvenue dans ce Mangacast Mini Omake n°160.
Aujourd’hui, on vous parle d’un titre des éditions Glénat: Requiem – Chevalier Vampire !
Mangacast Mini Omake n°160 est présenté par Thundergeek, Muta, Midine, Blackjack et Akiro.
Podcast: Play in new window | Download (Duration: 24:32 — 35.8MB)
Le Cœur de Thomas – Mangacast Mini Omake n°159
Bienvenue dans ce Mangacast Mini Omake n°159.
Aujourd’hui, on vous parle d’un titre des éditions Akata: Le Cœur de Thomas !
Mangacast Mini Omake n°159 est présenté par Thundergeek, Muta, Midine, Blackjack et Akiro.
Podcast: Play in new window | Download (Duration: 18:13 — 27.0MB)



















